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La Présidente de la Cour des comptes de la République du Niger, Mme Salissou Saadé Laminou Tchiroma, a pris part aux travaux du troisième Sommet Russie-Afrique, tenu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Cette participation de haut niveau s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations institutionnelles et du dialogue stratégique entre la Fédération de Russie et les nations africaines.

Une refondation institutionnelle au service de la souveraineté

Intervenant lors de ce forum, la Présidente a rappelé le parcours singulier de l’institution nigérienne : après une période de suspension temporaire liée aux réformes de l’administration publique, la Cour des comptes du Niger a repris la pleine mesure de ses activités constitutionnelles.

Loin d’être un temps d’inactivité, cette parenthèse a constitué une véritable période de refondation et de saut stratégique. La haute juridiction est ainsi revenue sur la scène internationale avec une conviction forte : l’audit public ne doit pas être un simple constat a posteriori, mais un véritable moteur de transformation publique, de souveraineté et de croissance durable.

« La transparence financière et l’efficacité des institutions de contrôle sont les piliers indispensables à la réussite de nos partenariats stratégiques de développement. »

La révolution de la donnée et du Big Data

Face à la complexification des finances publiques et en adéquation avec la Déclaration de Moscou de 2019 sur l’usage des technologies, la Cour des comptes du Niger a opéré une mutation numérique majeure. L’institution a abandonné les échantillonnages manuels sur papier au profit de l’analyse automatisée de données massives (Big Data), s’appuyant sur des logiciels spécialisés comme IDEA et sur l’interconnexion avec les systèmes informatiques de l’État.

Cette modernisation produit déjà des résultats tangibles :

  • Détection d’écarts majeurs : Lors d’un contrôle croisé automatisé entre la base de données des marchés publics (DGCMP) et celle de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), les algorithmes de la Cour ont révélé un écart d’enregistrement de 405,797 milliards de FCFA de marchés.
  • Recouvrements directs : Cette analyse de données de masse a permis de recouvrer directement 4,057 milliards de FCFA de redevances dues au Trésor public (RGP 2021).

Pour pérenniser cette dynamique, la Cour s’est dotée de compétences internes ciblées : recrutement d’informaticiens parmi ses Conseillers et Vérificateurs, constitution d’un pool de 9 formateurs en informatique et 2 en Intelligence Artificielle, et intégration pleine de l’IA dans son Plan de formation 2026-2028.

L’institutionnalisation rigoureuse du suivi des recommandations

Parce qu’un constat d’audit reste vain sans réformes concrètes, la Cour a érigé le suivi de ses recommandations en clé de voûte de sa crédibilité, s’articulant autour de trois axes :

  1. Sur le plan normatif : Adoption d’un Guide de rédaction et de suivi des recommandations, adossé au Système Informatisé de Suivi des Recommandations (SISR), une application dédiée qui traque l’état d’avancement de chaque directive.
  2. Sur le plan pratique : La Partie 1 de chaque Rapport Général Public (RGP) est désormais intégralement et obligatoirement consacrée au suivi des recommandations antérieures.
  3. Sur le plan de l’exigence : Finies les simples promesses administratives. Pour valider la « mise en œuvre » d’une recommandation, la Cour exige des preuves matérielles incontournables (quittance de versement, arrêté signé, PV de réception). Une rigueur qui a permis d’atteindre un taux de mise en œuvre effective de 96,67 % lors des derniers audits (RGP 2022).

Perspectives et rayonnement international

La participation de la Présidente de la Cour des comptes à ce sommet illustre la volonté des autorités nigériennes de projeter l’institution à l’international.

  • Partage d’expériences : Échanges fructueux autour des méthodes modernes d’audit des finances publiques et du suivi des investissements infrastructurels.
  • Coopération multilatérale : Renforcement des liens avec les institutions de contrôle du continent africain et de la Fédération de Russie.

L’expérience du Niger démontre ainsi qu’une institution supérieure de contrôle (ISC) jeune mais résiliente sait transformer les contraintes en opportunités, faisant de l’audit public le rempart le plus solide contre la dilapidation des deniers publics.

 

 

Service Communication et Relations Publiques
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